A Aubignas, le 31 Juillet 2026,
Ca y est, on a coupé nos premiers raisins ce matin !
Normalement juillet c’est encore les vacances. Alors couper du raisin en juillet, c’est trop tôt, beaucoup trop tôt.
Mais malgré ça on attaque cette journée avec la même excitation chaque année.
La première note, le premier jour, c’est pas rien, c’est le début d’une nouvelle aventure, une nouvelle histoire à raconter en bouteilles, des nouveaux espoirs. La volonté de se dépasser, réfléchir aux erreurs de l’année précédente et tenter de s’améliorer.
Nous, on attaque cette journée toujours en famille, pour faire le pied de cuve. Passage obligé en vacances. Un pied de cuve qui va ensemencer toutes nos cuves les unes après les autres. Alors on aime faire ça avec les filles et leur énergie. L’excitation est papable. On ne ramasse que quelques caisses pendant 1h.
C’est le calme avant la tempête.
Commencer les vendanges c’est aussi respirer. Une fois récoltés, il ne peut plus rien arriver à nos raisins. C’est une année de travail derrière. Une année pour mener à bien les vignes. Pour chaque cep, c’est un nombre de passages incalculables et une attention bien particulière.
Chaque vigne a été pré-taillée, puis taillée, puis attachée, et ébourgeonnée. Epamprée une fois, deux fois, trois fois, en même temps qu’avoir été relevée une fois , deux fois, trois fois.
Puis tressées. Ce sont des passages d’extraits fermentés, de petit lait, de préparâts biodynamiques.
Du travail du sol, semage des engrais verts, puis les rouler, une fois, deux fois, trois fois. Epandre le fumier. Passer les disques aux pieds des vignes, puis l’intercep, plusieurs fois. Et le griffon.
Couper un raisin, c’est une année d’inquiétude aussi. Des bourgeons qui pointent leur nez trop tôt, et prier pour ne pas geler. C’est essayer de gérer la maladie et traiter au minimum. Remplacer des traitements par des tisanes. C’est courir après la vigne qui pousse vite, si vite, avec ces chaleurs et puis qui se stoppe. C’est laisser pousser pour protéger du soleil de plomb. C’est prier, encore, pour que la canicule s’arrête, mais une deuxième arrive et une troisième. C’est prier, toujours, pour que l’eau tombe du ciel , mais pas la glace. C’est penser aux copains qui ont subit le gel, la sècheresse, les incendies, la grêle.
Couper un raisin, c’est une année à regarder la vigne pousser et l’accompagner au mieux. Regarder les insectes qui la peuplent, les oiseaux et les mammifères qui s’y promènent. Essayer de rendre la plante résiliente et le sol vivant pour qu’il la protège au mieux et l’accompagne.
Derrière un raisin c’est des heures à se questionner, sur comment mieux faire. Sur ce qu’on laisse à nos enfants.
Des heures à imaginer un nouveau millésime.
Couper un raisin, c’est la suite de l’aventure. On y est ! Belles vendanges à tous






































