#7 – Début de vendanges le 15 Août..

A Aubignas, le 19 octobre 2020

Nous savions que nous ne serions pas épargnés par le réchauffement climatique en Ardèche. Mais nous nous sommes pourtant laissés surprendre par le début extrêmement précoce de la campagne de 2020.
Tôt le 15 Août donc, sur les pentes surplombant le village d’Alba la Romaine, nous avons récolté les premiers raisins. Chardonnay. 937 Kg de petites baies dorées. La veille, jusque tard dans la nuit, nous étions encore en train de travailler sur le pressoir que nous avons rénové cet été. Nous l’avons baptisé dans la journée. Le foulage a été une fête. Un jus aux arômes de poire, de pêche et de fenouil s’est écoulé et est venu remplir Jane.

Puis, petit à petit, jusqu’au 8 septembre, nous sommes allés chercher des Merlot et des Gamay aux Sallèles, chez Armelle et Jean-Benoit Plagnol. Des Grenaches et des Cabernet Sauvignon à Lagorce, chez les frères Ozil et chez Didier Cazak. Ainsi que des Carignan à Valvignières, chez Gérald Oustric. Nous avons récolté en tout 17 tonnes de raisins. Soit pas mal plus que ce que nous avions prévu…
2019 avait été une année de sécheresse exceptionnelle, avec des petits rendements et des raisins très concentrés. Cette année, grâce à des conditions moins extrêmes, la vigne a compensé et donc été plus généreuse. Chez chaque vigneron avec lesquels nous avons travaillé, nous avions la possibilité de prendre plus de raisins que la commande initiale. Nous ne nous sommes pas privés.

Les vendanges ont été intenses pour les néophytes que nous sommes. Malgré nos erreurs, elles ont été festives. Nos jus sont issus de nombreux coups de mains.

C’est tôt le matin que nous partions vendanger. Nous tâchions de quitter les parcelles pas trop tard, lorsque le soleil n’était pas encore trop haut, afin que les grappes restent le plus frais possible. La température des raisins lorsqu’ils entrent en cave, (particulièrement au mois d’Août), est primordiale si l’on veut travailler en finesse.
Nous arrivions au chai en milieu de matinée et, en fonction des cépages et de la direction vers laquelle nous imaginions les diriger, nous choisissions notre mode de vinification: macération carbonique (grappes entières en cuves) pour du fruit et de la souplesse, égrapages pour apporter de la structure, infusions (raisins qui macèrent dans des presses directes) pour des protocoles moins classiques.

Une fois les raisins en cuve, nous les avons goûtés et analysés (densité et température) plusieurs fois par jour. Il faut être au plus près d’eux pour apprendre à les connaître et à capter leurs dynamiques, et ainsi comprendre quand travailler dessus s’il le faut.

Comme on pouvait s’y attendre, les premières cuves ont eu quelques difficultés en début de fermentation. Travaillant en levures indigènes et notre cave étant vierge de toute fermentation alcoolique au préalable, les levures qui ont pris le milieu en premier n’étaient pas forcément celles que l’on désirait. Les jus ont subi une légère réduction, et ont produit de l’acétate. L’acétate, c’est une odeur de colle scotch, ou de vernis à ongle, rien de très glamour pour le vin, mais rien d’irréversible à ce stade. Le but étant alors d’oxygéner le vin, notamment grâce à des remontages, pour ainsi favoriser le développement des « bons » types de levures, qui effectueront la plus grosse partie de la fermentation alcoolique.

C’est ce qui a été fait dans toutes les cuves. Et on peut se féliciter d’avoir terminé toutes nos fermentations, calmement, dès fin septembre (l’année dernière, elles avaient couru jusqu’au mois d’avril…).

Nous ne remercierons jamais assez nos amis Gilles et Antonin Azzoni, qui ont été présents et ont répondu à nos appels quand nous doutions. Cette entraide en Ardèche entre les vignerons est précieuse et rare. Leur générosité dans cette transmission des savoirs est un pilier de notre apprentissage et de notre nouvelle vie.

Aujourd’hui, passée l’euphorie des vendanges puis des vinifications, place à l’élevage. C’est une énergie très différente. Il faut savoir observer des dynamiques plus lentes, et surtout apprendre à ne rien faire! Tous nos vins se mettent petit à petit en place dans leurs cuves ou dans leurs fûts. Nous avons choisi de garder pour le moment chaque cépage, chaque parcelle indépendante. Viendra rapidement le temps des assemblages, sur lesquels nous nous posons encore beaucoup de questions.

Pour le moment, nous sommes très heureux des histoires et des voyages que nous proposent nos vins de 2020. Et sommes impatients de vous faire goûter les notes de confiture de cassis et de réglisse d’Elle Tremble, qui nous semble déjà prête. Elle sera comme l’année dernière 100% Merlot, mais issue de plus vieilles vignes. Nous pensons la mettre en bouteilles dès janvier. Elle sera probablement accompagnée d’un rosé, Dans la vignes électrique. Pour le reste (Gamay, Grenache/Carignan, Chardonnay…), il faudra attendre quelques mois de plus.

Dans quelques jours, nous récolterons pour la première fois nos olives. Elles sont absolument magnifiques cette année. On a l’opportunité de les presser indépendamment dans un moulin chez un oléiculteur du coin, et d’ainsi avoir notre propre huile d’olive bio! Quelle chance !

Nous commençons également à nous préparer sérieusement pour les plantations du printemps. Il s’agit de cartographier notre future parcelle, et de tracer sur place les futurs rangs de vigne. A priori, les jeunes plants arriveront courant Mars.

Enfin, nous espérons participer à des salons en début d’année prochaine (Montpellier, Angers, Paris, Sète…), et ainsi pouvoir tous vous croiser autour d’un canon.

Vendanges
Foulage
Foulage
Décuvage
Décuvage

#6 – À l’orée de vendanges…

A Aubignas, le 2 Août 2020

Sous le soleil chaud d’Ardèche, tout s’accélère à quelques semaines du début des vendanges, la liste de choses à faire est encore longue et il faudra être prêt!
L’heure est à la véraison, un phénomène qui commence à la mi-juillet. Les raisins changent de couleur, passent de vert à jaune ou de vert à rouge. Les Chardonnays sont les premiers, et suivent les Gamay, les Grenache, les Syrah…
Pour la plupart des vignerons, la véraison marque un temps plus calme avant les vendanges. Les raisins vérés sont moins sensibles aux maladies, et la vigne calme sa croissance végétative pour se concentrer sur ses fruits. L’attention à leur porter est donc temporairement moins grande. De notre côté, ce n’est pas tout à fait le cas, puisqu’il nous fallait inventer notre cave.
Nous avons commencé par l’isoler pendant le confinement. Nous l’avons habillée de bois. Depuis il y règne une atmosphère tout autre, calme et chaleureuse. Nous avons calfeutré la plupart des fenêtres et pourtant elle nous semble plus lumineuse. Ensuite nous avons créé un réseau d’évacuation des eaux usées et fait couler une dalle béton pour avoir un environnement sain et facilement nettoyable afin d’accueillir dignement les nouveaux arrivants dans la famille. Lumière, Méliès & Agnès sont maintenant accompagnés par de belles cuves en Inox de 30 hectolitres : Audrey, Scarlett, Jane, Jim, Emir & Tony.

Nous avons également pris plaisir à restaurer un vieux pressoir carré champenois. Nous l’avons récupéré dans une grange chez Sam Boulay dans la vallée de l’Ibie, où il dormait démonté depuis plusieurs années. Nous avons nettoyé les éléments en bois, poncé la vis en acier, refait le cage en chêne, fait fabriquer une maie en inox… Ce pressoir a fier allure aujourd’hui. Il est prévu que nous le « baptisions » avant les vendanges.
Michaël, un ami chef électricien, a pris quelques jours pour venir nous aider à dépoussiérer le réseau électrique de la cave. Il en a fait bien plus que prévu. Nous avons cette chance, d’être si bien entourés, et d’être épaulé sur notre chemin par différentes personnes.

Nous avons attendu la fin du confinement pour mettre en bouteille « Elle Tremble ». Une belle journée avec une belle équipe. Gilles Azzoni nous a accompagné et comme toujours fait profiter de son expérience avec ses conseils les plus sages. Globe trotteuse, « Elle Tremble » a déjà fait le tour de la France (bientôt La Rochelle et Nantes!), puis est partie visiter la Suisse, et va traverser les continents et mettre un pied au Japon. Nous sommes ravis et fiers qu’elle soit bue par des amis ou des inconnus, et de recevoir régulièrement des retours.

Les jours filent à une vitesse folle, il nous reste encore beaucoup de choses à faire, mais nous sommes confiants, soudés, accompagnés et l’excitation est grande pour cette campagne de vendanges qui sera plus riche (en raisin) que celle de l’année dernière.
La date de début est incertaine, mais se précise au fil du temps. A priori nous commencerons à vendanger les Gamay la semaine du 17. Nous allons récupérer 3 tonnes dans les Cévennes, chez Jean-Benoit Plagnol. Puis ce sera 6 tonnes de Merlot chez le même viticulteur (les Merlots de « Elle Tremble »). Suivront 3 tonnes de Grenache, 1,5 tonne de Carignan, et enfin 500kg de Cabernet Sauvignon. On recherche désespérément du blanc, mais c’est une denrée rare. Nous ne perdons pas espoir.

Les raisins les plus précoces commence à « goûter », et à nous raconter des histoires. Il faut essayer de comprendre leur caractère et la dynamique de leurs maturités (en sucres, en acidités, en arômes…). On imagine ensuite des stratégies de vinification pour le jour J, mais on en est encore à changer d’avis tous les jours…
Enfin nous avons reçu cette semaine l’autorisation officielle qui nous permettra de planter les 2 hectares de Syrah, Grenache, Roussane et Marsanne au printemps prochain. C’est une excellente nouvelle mais ceci est encore une autre histoire.

Chai
Mise en bouteille

#5-Printemps 2020

A Aubignas, le 30 Avril 2020

Il a suffi d’une nuit et de quelques flocons de neige, et les gelées de fin mars ont été fatales à beaucoup de parcelles de cépages précoces. C’est un coup dur pour les vignerons du coin qui ont vu une partie de leur production s’envoler en l’espace de quelques heures. A Alba et Aubignas, c’est les Chardonnay qui ont beaucoup souffert. Il faut dire que le mois de Février avait été très printanier et que toute la végétation s’était lancée.

Pour nous, l’heure est aux commandes de raisins. Il faut trouver les quantités suffisantes et les réserver pour les vendanges de septembre. Nous sommes à la recherche d’une quinzaine de tonnes, dans l’espoir de faire 15 000 bouteilles cette année. Aujourd’hui, nous n’avons pas le luxe de choisir les cépages que nous achetons. Les plus recherchés étant réservés d’avance par les vignerons déjà en place. Antonin Azzoni, encore une fois, assure nos arrières, et nous prévoyons grâce à lui de récupérer 8 tonnes de Gamay et de Merlot provenant de chez Jean-Benoit Plagnol, viticulteur au dessus des Vans, à qui nous avions acheté les raisins d’Elle Tremble.
Nous poursuivons donc nos recherches actives dans la région pour atteindre notre objectif. Il faut trouver un vigneron qui travaille en bio et vendange à la main, avec un terroir intéressant et des rendements peu élevés. Nous avons quelques pistes pour du Grenache blanc, du Viognier, du Chatus et du Caladoc…


En cave, Elle Tremble est prête. Les fermentations sont finies. Nous avons profité du confinement pour laisser le vin s’épanouir un peu plus que prévu dans les vieux fûts de chêne. Nous les avons finalement décuvés pour les assembler à la cuve inox Méliès. Ensemble, ils se retrouvent dans Lumière et apprendront à se connaitre pendant 1 mois avant une mise en bouteille prévue le 30 Mai (lune descendante et jour fruit…). Le vin sera prêt à être expédié peu après. Espérons que le reste pourra suivre.


Pour la mise, nous sommes parés. Le visage d’Elle Tremble a été dessiné par Gilles Perdu. Nous avons reçu les étiquettes, les cartons, les bouchons, les capsules, etc.
Aussi, les commandes de cuves pour accueillir le raisin en Septembre, et de matériel nécessaire à la vinification sont lancées. Avant de recevoir tout ça, il nous faut préparer le terrain. Soit, dans un premier temps, isoler le chai dans le but de contrôler au mieux les températures pendant les fermentations. Nous avançons doucement mais surement et devrions avoir terminé ce chantier d’ici quelques semaines. Ensuite il s’agira de refaire le sol, de mettre en place un réseau d’eau de refroidissement pour contrôler les températures des cuves, et enfin de dépoussiérer le réseau électrique…

Pendant ce temps, la nature explose littéralement depuis le début du printemps. Les couleurs changent et évoluent chaque jour. C’est un spectacle unique et nous mesurons notre chance d’en être les témoins en ces temps si difficiles. L’atmosphère est calme. Sur la parcelle, le sainfoin pousse et fait naître des petites fleurs roses qui vont bientôt envahir nos 2 hectares.

Nous allons, dans les jours qui viennent, pour la première fois opérer une préparation biodynamique de bouse de corne. Il s’agit de pulvériser une dose homéopathique de bouse de vache fermentée pendant l’hiver (200g dilués dans 60L d’eau) sur la parcelle pour signaler aux plantes le changement de cycle et le passage d’une période tournée vers la terre à une période de croissance tournée vers le ciel. Nous sommes totalement novices dans ces techniques et ces concepts. Il nous arrivent d’être très surpris par des protocoles alambiqués. Mais les vins faits dans ces conditions nous ont souvent plu. Et surtout cela nous force à observer plus précisément notre environnement, à être plus attentionné.


 Les amandiers, eux, ont été les premiers à fleurir. Nous avons, comme prévu, essuyé des pertes mais une majorité semble repartir. Pour le travail des sols de ces parcelles de fruitiers nous attendons la livraison imminente d’un tracteur, un magnifique Massey Ferguson 364V rouge de 1995, que nous avons acheté à plusieurs actionnaires. Merci à eux.

Concernant les ventes de Elle Tremble, la situation actuelle a profondément rebattu les cartes. La première moitié de notre production, qui avait été réservée par différents importateurs, est en stand bye. Les salons ont été annulés. Et les principaux lieux de vente de vin restent fermés.

Néanmoins, avec toutes les commandes de particuliers et si les importateurs confirment leur demande, nous avons tout vendu. Nous avons tout de même gardé un petit stock pour aller démarcher les restaurants, cavistes, bars locaux dès que nous le pourrons.

Prêt pour étiquetage
Décuvage des fûts

#4-Sélection massale

A Aubignas, le 9 février 2020.

Chaque année au tournant des mois de Janvier et Février, le monde du vin s’éveille à l’occasion des grands salons professionnels. Les vignerons interrompent la taille pour faire goûter les « bruts de cuve » des précédentes vendanges aux importateurs étrangers, aux cavistes, bars à vin, restaurateurs etc. Pour ceux fabriquant des vins naturels ou en biodynamie, c’est La Dive Bouteille, Le Vin de mes Amis, Les Greniers Saint Jean…
Nous nous sommes prêtés au jeu non sans peur. C’est la première fois que l’on montrait notre travail à des professionnels, et que l’on était confronté directement à la problématique de la vente (ou non…) de notre vin
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Encore une fois, Antonin Azzoni nous a beaucoup aidé. Il nous a invité à partager son stand au salon des « Vignerons de l’Irréel » à Montpellier. Toutes les personnes qui passaient pour goûter son vin goutaient le nôtre. Nous avons eu des contacts concrets dès la première matinée. « Elle Tremble » a plu et nous sommes repartis avec pas mal de clients potentiels.Ces retours viennent valider nos efforts des derniers mois, et ainsi nous donner beaucoup de force pour le travail dans les champs et à la cave à notre retour à la maison. Nous avons reçu depuis plusieurs commandes fermes venant du Japon, de Suisse, du Danemark… Notre prochain salon sera « La Remise », début avril à Sète. Nous serons de nouveau aux côtés d’Antonin.
Pour l’occasion, nous avions troqué les gaffers rouges d' »Elle Tremble » pour une étiquette que mon père nous a préparée en ce début d’année. Il s’est inspiré des dessins de l’architecte Franck Llyod Wright. Il travaille maintenant sur une version un peu différente pour la mise en bouteille, qu’on espère en mai.

A la cave, le vin continue lentement son travail. Comme chez beaucoup d’autres vignerons cette année (même les conventionnels), le vin n’est pas encore « sec », ou « fini ». Il reste un peu de sucre qui ne s’est pas encore transformé en alcool, sous l’action des levures. La faute à un millésime extrêmement chaud et sec, qui a gorgé les raisins de sucre (15° potentiel pour « Elle Tremble »!) et épuisé les populations de levures indigènes, sans lesquelles nous restons démunis en vinification naturelle. L’hiver vient mettre en sommeil les levures et donc les processus de fermentation. Reste à attendre le printemps et la remontée des températures, pour que tout ce beau monde se remette au boulot et finisse le travail. D’où notre incertitude sur la date de la mise en bouteille.

Aujourd’hui, nous sommes allés récoltés chez Samuel Boulay, vigneron en biodynamie dans la vallée de l’Ibie, des sarments de vieilles vignes pour notre pépiniériste. D’abord juste devant chez lui, au Mas de la Bégude, puis dans la parcelle « des Esprits », plus haut dans un petit vallon escarpé. Nous avons pris 1000 sarments de 10 « yeux » (ou bourgeons), soit 10000 yeux de Roussanne, Syrah et quelques Viognier et Savagnin.
Les vignes dans lesquelles nous sommes allés récupérer ont été plantées par Robert, du fameux « Hommage à Robert », et chouchoutées pendant des années par Gilles Azzoni. C’est un beau cadeau que nous fait Samuel en léguant de bon coeur ces sarments et par la même occasion une partie de l’héritage des Azzoni sur nos terres !

Ces bois nous permettent de faire pour nos futures vignes ce que l’on appelle de la sélection massale. C’est un procédé vieux comme la viticulture mais qui est devenu extrêmement minoritaire dans la viticulture issue de la deuxième moitié du XXème siècle.
99% des plantations de nouveaux plants de vigne se font en sélection « clonale ». C’est à dire que l’on choisit, en prenant notre projet comme exemple, 2250 pieds de Roussanne au génome identique. L’objectif principal est d’avoir des plants peu sensibles aux maladies, et productifs, validés par l’INAO. Mais quel appauvrissement du patrimoine génétique et culturel de nos vignes! Par exemple, Il existe une dizaine de clones différents de Syrah disponibles sur le marché mondial. Pour la Roussanne, on descend à trois. A l’inverse, la sélection massale consiste à choisir dans des parcelles vieilles de plus de 50 ans, des sarments de vignes qui ont toutes un patrimoine génétique différent.
Nous aurons 9000 pieds de vigne sur notre propriété. Il nous semble plus logique d’avoir 9000 individus singuliers plutôt qu’une armée de 9000 clones.

Voilà les nouvelles fraiches de ce début d’année. On vous embrasse et à bientôt.

Salon des irréels @copyright Aurélien Avril
Elle tremble
Avec les Roussannes
Dans la vigne « des Esprits »

#3-Elle tremble

A Aubignas, le jeudi 12 décembre 2019.

L’été est déjà loin. Le vin, comme la nature, change de vitesse, il se repose. Les jours sont plus courts, les feuilles tombent des arbres, et le vin mature.
Place à la taille. Les vignes ont besoin d’être mises à nu pour inventer un nouveau cycle au printemps. Une fois les feuilles tombées, on retrouve de l’activité dans les vignes. Les tailleurs avancent lentement, la silhouette cassée en deux. C’est aussi l’heure de la mise en bouteille des primeurs et des cuvées travaillées les années précédentes. Les salons du vin s’enchainent chaque week-end dans le monde entier. Il est temps de présenter son vin et d’aller le vendre.

Chez nous, Lumière a terminé son travail peu de temps après avoir déménagé. Nous l’avons mise dans 3 vieux fûts pour que le bois assouplisse son caractère très franc. Les deux autres cuves, issues de macération carbonique, prennent bien plus leur temps. On a sûrement voulu tirer un peu trop sur des macérations qui se passaient bien. Le passage au pressoir a relargué beaucoup de sucre dans les jus, et les fermentations ont eu du mal à repartir sereinement.
Les températures ayant chuté d’un coup fin octobre, les fermentations se sont tout simplement stoppées. Une fine pellicule blanche s’est installée sur le haut des cuves… Ce qui nous pousse à allumer le poêle dans le chai pour réchauffer nos cuves. La température du vin nous parait trop basse, trop rapidement. Le lendemain, Gilles Azzoni nous dit qu’il ne faut jamais faire ça, que l’odeur de la fumée peut s’immiscer dans le vin. Il nous conseille de coller le chapeau flottant des cuves au vin, pour limiter le contact entre le vin et l’air, et d’attendre. « Ça repartira au printemps ». On décide d’entourer les cuves et les fûts de couvertures de déménagement, et on rafle des vieux radiateurs à bain d’huile sur le bon coin. Ce qui ne change pas grand chose. La température du vin remonte, mais le travail ne repart pas.

Le 11 novembre, la Terre tremble en Ardèche. La maison et le chai sont littéralement secoués dans tous les sens. Le temps se réchauffe à ce moment là et nos fermentations repartent.

Il y a deux semaines, nous avons été invités avec 5 autres vignerons dans un salon de vins dans la Montagne Ardéchoise, près de Valgorge, où nous avons fait déguster nos vins pour la première fois. Dans la cave, la veille à 22h, avec nos différents béchers, nous testons les multiples assemblages possibles, et décidons de ce que sera notre première cuvée. Nous remplissons 12 bouteilles avec un entonnoir et une vielle boucheuse trouvée en brocante le matin même. Sur des gaffers rouges en guise d’étiquette, nous inscrivons « Les Bois Perdus – Elle tremble ». Il reçoit un très bel accueil, et les premières commandes sont passées.

C’est sous le soleil que nous profitons de ces mois de fin d’automne et de début hiver pour attaquer le travail sur nos 2 hectares d’amandiers et d’oliviers: taille, désherbage, piochage au pied de chaque arbre, et apport en fumier. Nous avons 150 amandiers et une centaine d’oliviers dont il faut prendre soin. L’ancien propriétaire nous a laissé un riche héritage, mais ils n’ont pas été entretenus depuis plusieurs années. Cela devrait nous tenir occupés jusqu’à fin Janvier. Ensuite il sera temps d’installer un réseau d’irrigation dans ces arbres grâce à un système de récupération d’eau de pluie. D’isoler le hangar avant l’été. Et de finaliser la création de l’étiquette pour « Elle tremble ».
Nous continuons sur notre bon rythme, on vous embrasse et à très bientôt

Lumière
Couvrir les cuves
Densité, mesure du taux de sucre dans le vin
Assemblage
Les 12 premières « Elle tremble »
Travail dans les amandiers

#2-Lumière, Agnès et Méliès bossent …

A Aubignas, le mercredi 16 Octobre.


L’Automne arrive à grand pas, les températures sont descendues et les vignerons ont tous pu souffler un peu… Chaque domaine a organisé une fête pour la fin des vendanges. Le rythme n’est plus le même. Place maintenant à la vinification. Ici on goûte et on analyse nos vins tous les jours, en espérant fort pour que tout évolue dans le bon sens.

Notre raisin a été accueilli par 3 cuves en Inox baptisées Lumière, Agnès et Méliès.
Lumière a travaillé des raisins qui ont été mi-égrappés mi-pressés directement avant la mise en cuve. Agnès et Méliès eux contiennent des raisins qui ont été pressé plus tard (il y a environ deux semaines de macération dite « carbonique » après récolte).
Ce millésime est ici très particulier suite à la canicule. Le raisin est gorgé de sucre (on va avoir des vins autour de 14°…). C’est pour tous les vignerons une situation exceptionnelle qui amène son lot de surprises en cave.

Nous avons déménagé nos cuves chez nous la semaine dernière non sans émotions, et hier soir nous nous sommes occupés de décuver Méliès dans 3 fûts.

On voit l’évolution de ces vins chaque jour. C’est passionnant.
Maintenant que le rythme est plus calme on a le temps de réfléchir à d’autres choses et se plonger sérieusement dans le choix des cépages qu’on veut planter, finir de monter l’entreprise, commander le matériel nécessaire, penser à la création de l’étiquette, préparer le champ avant les plantations, le protéger des ravages que font les sangliers la nuit…. bref on reste occupés

Quelle aventure !

Presse d’Agnès
Déménagement
Merlot sur lies de Chardonnay
Fraichement remplis

#1-Naissance des Bois Perdus

A Aubignas, le 4 septembre 2019.


Ça y est le Domaine des bois perdus est né !
Cet été, le champ qui accueillera les vignes (dans 1 an et demi) a été broyé. Il n’y a plus de lavande. Un terrassier est venu travailler le terrain pour le rendre praticable en tracteur.
D’ici la fin de la semaine, le champ va être labouré. Un voisin va semer de la luzerne ou du sainfoin pour structurer le sol et accumuler de l’azote dans la terre.

Aujourd’hui, nous avons attaqué nos premières vendanges. Nous avons commandé 3 cuves de 15hectolitres en Inox, qui attendent le raisin chez Gilles Azzoni. Nous les ferons migrer chez nous dans quelques semaines, quand nous aurons eu le temps de transformer notre hangar en chai respectable.

La grande aventure a donc commencé et nous vous tiendrons au courant de l’avancée de notre entreprise.

Les 3 cuves